Le théâtre amateur liégeois regorge de richesses. C’est pourquoi nous avons décidé de les mettre en lumière pour mieux vous les faire découvrir ou redécouvrir. Aujourd’hui, pleins feux sur… le Studio Théâtre de Liège.

Son président, Pierre Villers, a répondu à nos questions.

Quand et comment est né le Studio Théâtre de Liège ?

Tout a commencé en 1969 lorsqu’une poignée de comédiens du « Théâtre Arlequin » décident de fonder une nouvelle troupe car ils ne souhaitent pas s’engager dans une voie professionnelle.Parmi eux, Guy Villers, qui en sera le président pendant 40 ans.

Pourquoi avoir choisi ce nom ?

Cette information s’est plus ou moins perdue avec le temps mais il semblerait que le nom soit inspiré du nom de théâtres parisiens.

Et aujourd’hui le Studio Théâtre de Liège c’est… ?

Nous sommes aujourd’hui une vingtaine de comédien(ne)s aidés par une petite dizaine de bénévoles et nous présentons trois spectacles par an chacun étant joué 10 fois.
Nous avons aussi régulièrement effectué des déplacements à l’étranger.

La troupe est également indissociable des « Waroux », c’est un sacré avantage que d’avoir sa propre salle, est-ce que cela a toujours été le cas  ?

Oui, nous avons toujours eu notre propre salle. En fait, nous en avons eu 3 : d'abord au Cercle Ste-Marguerite. Puis suite à une expropriation, nous avons émigré au Cercle Ste-Walburge pour nous retrouver en 1980 rue de Waroux dont la salle tire son nom.

Vos spectacles sont accompagnés d’un repas après la pièce, cela mobilise de nombreux bénévoles chaque soir et demande une sacrée logistique. Comment est née cette idée, et concrètement comment vous organisez-vous ?

L’idée est née d’un simple constat, les spectateurs ont peu de temps avant ou après la représentation pour profiter d’un bon repas au restaurant. Cela fait déjà 25 ans que nous proposons ce service qui est une initiative de France Lambert et le succès est toujours au rendez-vous.
Nous gérons tout de A à Z, sauf la cuisine, et tout le monde participe y compris les comédiens qui, après la pièce, assurent le service à table.

Concernant la préparation des spectacles comment procédez-vous ? Qui s’occupe de la mise en scène ? Ou encore des décors et de la régie ?

Nous répétons trois soirs par semaine et nous avons la chance d’avoir dans nos rangs pas moins de cinq metteurs en scène, Valérie, Cécile, Thibaut, Gérard et moi-même. Cela nous permet d’alterner en fonction des idées et disponibilités de chacun et de proposer une programmation variée.
C’est également Gérard qui s’occupe de la conception des décors mais toute la troupe participe à la réalisation. Et ce sont nos bénévoles ou nos jeunes qui s’occupent des régies scène, son et éclairage. C’est un excellent moyen pour eux de s’initier aux différentes facettes de l’organisation d’un spectacle.

De nombreuses troupes ont du mal à recruter des jeunes ou à les faire venir au théâtre mais vous, vous ne semblez pas rencontrer ce genre de problème, comment l’expliquez-vous ?

Nous sommes une troupe familiale où l’amour du théâtre se transmet de génération en génération, la relève est donc assurée au fur et à mesure. Nous bénéficions ainsi d’une grande variété de tranches d’âge et il n’est pas rare chez nous de voir un père et son fils ou une mère et sa fille se donner la réplique sur scène.
Afin de préserver au mieux cet esprit de troupe, nous avons fait le choix de demander à nos comédiens de jouer exclusivement au STL.

Tous les 3 ans à l’occasion des Estivades, vous faites rayonner le théâtre amateur pendant 10 jours, comment à commencer cette belle aventure ?

Lucien Froidebise organisa en 1986 à Sambreville un festival national rassemblant les troupes de théâtre amateur belge autour d’un thème, le miroir, avec pour objectif de favoriser la création théâtrale. Parmi ces troupes figure le Studio Théâtre de Liège. Guy Villers, alors président du CIFTA, à l’idée de rendre ce festival International. Ensemble, ils créent les premières Estivades, qui auront lieu en 1988 à Marche-en-Famenne. Grâce au soutien de la ville qui mit à disposition les infrastructures nécessaires et au travail acharné des membres du Studio Théâtre de Liège cette première édition fut un succès, succès qui ne s’est jamais démenti depuis.

Déjà 12 éditions, une 13e en préparation et toujours une motivation et une mobilisation sans faille, quel est votre secret ?

C’est une expérience unique à vivre tant pour les bénévoles que pour les troupes que nous recevons. Lorsqu’on l’a vécu une fois en général on en redemande !
Bien entendu nous bénéficions aussi de nombreux soutiens dont les principaux sont la Fédération Wallonie Bruxelles, la ville de Marche-en-Famenne, la FNCD et le CIFTA, et bien sûr le Studio Théâtre de Liège.

En dehors des Estivades allez-vous facilement voir d’autres troupes ?


Oui bien sûr, dès que l’agenda nous le permet nous allons au Théâtre de Liège et voir d’autres troupes amateures. C’est très enrichissant, au-delà des découvertes théâtrales et de l’amour du théâtre, passer du temps ensemble en dehors du cadre habituel des répétitions permet de resserrer encore les liens entre les membres de la troupe.

Depuis quand êtes-vous membre d’ALTA ?

Depuis sa création.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous affilier et quels avantages y trouvez-vous ?

Cela s’est fait tout naturellement étant donné nos différents contacts dans le milieu du théâtre amateur.
Nous y trouvons beaucoup d’avantages notamment l’organisation des stages auxquels nos comédiens et bénévoles participent régulièrement.

Quelle est l’actualité du Studio Théâtre de Liège en 2023 ?

Du 21 avril au 13 mai nous jouons « Le porteur d’histoire » d'Alexis Michalik.
Nous nous rendrons ensuite au Festival d’Avignon en tant que spectateurs, l’occasion pour nous de recharger nos batteries avant d’attaquer les préparatifs de la saison prochaine.

Et après quels sont vos projets ? Peut-être avez-vous aussi l’un ou l’autre rêve fou à réaliser ?

Nous aimerions beaucoup faire voyager « Le porteur d’histoire » dans des festivals nationaux et internationaux.

Interview réalisée par Virginie Metzer

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